Au pays de la gastronomie et du savoir-faire culinaire tant prisés par les autres nations, les français se retrouvent partagés entre la surabondance et le contrôle alimentaire.
De part cette abondance alimentaire et cette surconsommation, notre civilisation actuelle rencontre une épidémie d’obésité avec tous les problèmes qui en découlent, à savoir : maladies cardiovasculaires, hypertension artérielle, diabète, etc. Nos habitudes alimentaires se sont considérablement modifiées : nous mangeons de plus en plus des aliments très caloriques et nous bougeons de moins en moins.
Parallèlement, les médias, la mode et la pression sociale nous impose une image du corps mince, svelte et en bonne santé et cette chasse à l’obésité touche également et malheureusement les personnes de poids normal, ou légèrement en surpoids qui s’adonnent périodiquement ou régulièrement à la pratique des régimes amaigrissants.
Ces conduites restrictives pour ressembler à toutes ces images qui symbolisent la séduction, la réussite, le bonheur …ont pour conséquence un poids en « yo-yo », une augmentation des troubles du comportement alimentaire telles que l’anorexie et la boulimie, des complications psychologiques et une aggravation des complications médicales dues au surpoids.
Le consommateur se retrouve dans une logique du « sans » : sans calorie, sans graisse, sans sucre, avec le concept du manger « léger », « bon » et « équilibré » et n’a donc de ce fait plus de cadre de références. De plus, le fait même d’étiqueter certains aliments « bons » ou « mauvais » revient à les moraliser.
« Pour maigrir, il faut supprimer certains aliments très caloriques » nous dit-on. Et ces aliments interdits deviennent des « aliments tabous », c’est-à-dire que leur simple consommation est supposée provoquer une prise de poids. En refusant de manger un aliment qui nous fait très envie, en supprimant les aliments « plaisirs », nous rentrons dans un système de restriction cognitive qui nous frustre et qui déclenche des troubles de l’humeur. Or, ce n’est pas la consommation de tel ou tel aliment qui fait grossir, mais une alimentation excessive par rapport à nos besoins.
De plus, la diabolisation de ces aliments conduit même fréquemment à une surconsommation, non seulement des aliments diabolisés (produits sucrés et produits gras), mais également des aliments non diabolisés.
Lutter contre la diabolisation des aliments et redonner sa place au plaisir alimentaire
Que pouvons nous faire ? Manger tout ce dont nous avons envie ? Oui et non !
Manger selon sa faim : En étant à l’écoute de nos sensations alimentaires, le rassasiement et la satiété vont constituer un moyen d’ajuster de manière inconsciente nos apports alimentaires à nos besoins énergétiques, et ceci quelque soit l’aliment consommé.
Il convient de manger dans de bonnes conditions :
Tout d’abord, le repas doit être pris assis à table et dans le calme afin de se concentrer sur l’action de manger sans stress en fonction de nos besoins.
Une assiette bien présentée, bien colorée permet d’en apprécier le contenu : Ne pas hésiter à jouer sur les couleurs, le volume et le goût en variant les aliments, en remplissant l’assiette de crudités ou de légumes et en retrouvant l’usage des herbes aromatiques.
Manger longuement car la mastication exalte les saveurs et prépare l’estomac à la digestion. C’est également permettre au cerveau de recevoir le signal qui lui dit que le corps est rassasié, et de ne pas sortir de table avec l’impression d’avoir encore faim.
Enfin, se donner le temps d'admirer, de sentir, de goûter, de croquer, de toucher, de laisser fondre, de savourer, de siroter ce que nous mangeons et ce que nous buvons … en nous laissant guider par les plaisirs de nos cinq sens.
Ces éléments vont constituer un moyen efficace dans la prévention de la prise de poids tout en répondant à nos besoins nutritionnels.
Se faire plaisir : Le plaisir est primordial dans l’alimentation. En effet, on a tendance à privilégier l’aspect quantitatif et qualitatif au détriment de l’aspect esthétique et gustatif de l’aliment.
Un repas se doit aussi d’être convivial car les échanges procurés par un repas en famille ou entres amis éveille la curiosité et le plaisir alimentaire.
Le « sucré » est l’élément sur lequel on « craque » le plus fréquemment mais il est souhaitable de consommer les aliments sucrés en fin de repas car ils ont un effet moins hyperglycémiant, c’est-à-dire que la quantité de sucre dans le sang (la glycémie) s’élève moins vite, que lorsqu'ils sont consommés de façon isolée. Une alimentation variée et équilibrée et contenant des fibres joue un rôle important dans cette régulation.
Il vaut mieux faire trois repas dans la journée et ne pas sauter de repas car c’est le meilleur moyen de « craquer » et il est préférable d’éviter le grignotage ou sinon de grignoter judicieusement en prenant une collation dans la matinée ou dans l’après-midi avec un laitage nature sans sucre, des légumes crus nature à croquer comme des tomates, des carottes, des radis…
De plus, il a été démontré que si l’on s’interdit les aliments que l’on aime, ceux-ci seront consommés de façon compulsive. C’est la raison pour laquelle, il ne faut supprimer aucun aliment, ne pas se sentir coupable de manger ceux dits « mauvais » qui sont également agréables sur le plan gustatif : pâtisseries, charcuterie, chocolat, fromage, etc.
Cependant, il n’est pas question d’abuser ou de se priver de ces aliments mais de les introduire sans frustration dans une alimentation équilibrée.
Ainsi, la consommation de petites douceurs en quantité raisonnable peut permettre de garder un poids stable ou peut constituer une aide précieuse dans l’objectif d’une perte de poids.
