Venez et suivez-moi en silence. Nous arrivons devant le seuil d’une vitamine liposoluble qui prend son bain d’huile quotidien.
Allons faire sa connaissance !
Toc toc !
La vitamine A et la provitamine A
Cette vitamine provient de deux sources alimentaires :
D’origine animale : le rétinol estérifié ;
D’origine végétale : les provitamines A (béta-carotène).
La vitamine A1 : rétinol trans ou axérophtol
La vitamine A2 : déhydrorétinol
Les provitamines ou caroténoïdes qui sont transformées en vitamine A dans l’entérocyte (cellule de l’intestin grêle) grâce à une enzyme (carotène-dioxygénase). Ce sont :
Le béta-carotène qui va donner 2 vitamines A
L’alpha-carotène qui donne 1 vitamine A
Le gamma-carotène qui donne 1 vitamine A.
Les béta-carotènes sont donc des précurseurs du rétinol. Ce sont des vitamines liposolubles de couleur jaune-orangée très sensibles à la lumière et à l’oxydation, insolubles dans l’eau mais solubles dans le benzène, l’éther, le chloroforme.
Dans les aliments, les vitamines A sont estérifiées car elles portent une fonction alcool. La molécule de formule brute C20H300 est un diterpène (ce qui veut dire qu’elle contient seulement des atomes d’hydrogène, de carbone et d’oxygène) : elle possède 20 atomes de carbone et porte une fonction alcool (CH2OH).
Taux sériques normaux compris entre 80 et 300 UI/ml. Liée à une protéine et éliminée principalement par voie biliaire et par voie urinaire.
A cause de cette diversité de provenance, les quantités de vitamine A ne sont pas citées en grammes mais en équivalents rétinol (ER, RE) ou en Unités Internationales (UI).
1 ER = 1 µg ER (Equivalent Rétinol) est égal à 1 µg de rétinol ou 3,33 Unités Internationales ou 6 microgrammes de béta-carotène ou 12 microgrammes d’autres carotènes (provitamine A).
Pour le béta-carotène, on parle en terme d'équivalent rétinol car pour obtenir du rétinol à partir de béta-carotène, il doit y avoir une réaction chimique catalysée par une dioxygénase qui donne un rendement de 1/6 : on a donc un taux de conversion de 1/6 pour le béta-carotène, ce qui signifie qu’on obtient 1 gramme de rétinol à partir de 6 grammes de béta-carotène.
La physiologie
Grâce à des enzymes pancréatiques, elle est d’abord libérée de sa forme estérifiée dans le duodénum, puis absorbée dans l’intestin grêle grâce à la présence des sels biliaires et rejoint la circulation lymphatique dans les chylomicrons, puis passe dans la circulation sanguine avant d’arriver au foie.
La vitamine A est stockée à 90 % dans le foie et est transportée aux cellules dans les VLDL (Very Low Density Lipoproteins) (qui transportent aussi les triglycérides et le cholestérol et qui vont se transformer en low density lipoproteins (LDL) que tout le monde connaît comme étant le « bon cholestérol »).
Les principaux rôles
La vitamine A joue un rôle important dans les mécanismes de la vision : Elle se combine à différentes protéines du pourpre rétinien et participe ainsi à la formation de la rhodopsine, récepteur de la lumière pour la vision à faible intensité (vision crépusculaire).
Elle intervient dans le renouvellement cellulaire de la peau et des muqueuses en stimulant la division cellulaire des tissus épithéliaux ;
Elle a un rôle dans la formation de la kératine ;
Elle intervient dans la croissance osseuse et le développement embryonnaire ;
Elle a un rôle important sur la résistance de l’organisme aux infections ;
Elle a un rôle important dans la production des hormones stéroïdes et la progestérone ;
Elle intervient dans toutes les cellules riches en lipides ;
Elle a une fonction anti-oxydante et de nombreux autres rôles dans l’organisme.
Les carences
La carence en vitamine A est très fréquente dans les pays en voie de développement, si elle moins fréquente dans les pays industrialisés elle n’est pas totalement absente.
Les signes principaux de carences
Elles concernent principalement la vision : il y a diminution de l’acuité visuelle dans la pénombre (héméralopie), puis on observe une sécheresse conjonctivale et cornéenne, puis apparition de lésions de la conjonctive de l’œil puis de la cornée (xérophtalmie) qui vont aboutir à une opacification de la cornée et à une cécité irréversible.
La peau et les muqueuses se dessèchent, se desquament et peuvent s'atrophier ;
Le sujet contracte de nombreuses maladies ;
La croissance s'arrête chez l'enfant.
Les causes principales de carences
Un déficit dû à des apports insuffisants, et cela concerne surtout les enfants et les personnes âgées, mais également les femmes enceintes.
Les malabsorptions digestives : celles-ci s’observent lorsqu’il existe une maladie de l’appareil digestif dans son ensemble que ce soit au niveau du tube digestif ou des organes de productions des enzymes de la digestion comme le pancréas ou la vésicule biliaire.
Les excès
Il existe un risque d'hypervitaminose A iatrogène (due aux médicaments).
Les experts du Conseil supérieur d’hygiène publique de France ont fixé des limites de sécurité pour 10 vitamines et minéraux dont la vitamine A dont la limite est de 1 100 µg ou 3300 UI.
L’hypervitaminose apparaît quand les ANC sont dépassés de 20 à 50 fois.
La vitamine A est toxique à forte dose et peut être responsable d'intoxication aiguë ou chronique.
Donc, attention aux compléments multivitaminiques qui peuvent provoquer une intoxication.
Ces effets se traduisent par une perte d’appétit, une peau irritée et sèche, pertes de cheveux, des nausées et vomissements, un épaississement des os, hypertrophie du foie (un gros foie) et de la rate.
Un excès de vitamine A pendant la grossesse, induit des malformations chez le fœtus. Par mesure de prudence, il est recommandé tout de même de ne pas dépasser 1000 ER par jour chez la femme enceinte.
Besoins et apports conseillés en vitamine A
Il est conseillé qu'environ 60% de l'apports soit sous forme de caroténoïdes.
Nourrissons : 350
Enfants 1-3 ans : 400
Enfants 4-6 ans : 450
Enfants 7-9 ans : 500
Enfants 10-12 ans : 550
Adolescents 13-15 ans : 700
Adolescentes 13-15 ans : 600
Adolescents 16-19 ans et hommes adultes : 800
Adolescentes 16-19 ans et femmes adultes : 600
Femmes enceintes (3è trimestre) :700
Femmes allaitantes : 950
Personnes âgées : 800
Les sources de rétinol et de béta-carotène
Elles sont de trois types.
Les caroténoïdes utilisés comme additifs colorants (code E 100)
Afin de renforcer ou de conférer une coloration à un aliment, on ajoute des caroténoïdes sous les codes E 160 et E 161. Le code utilisé est fixé au niveau européen. Il se compose de la lettre "E" (pour Europe) suivie d'un numéro permettant d'identifier facilement la catégorie.
Sources animales (µg rétinol/100g)
25000 à 20000 : Huile de foie de morue, de flétan
15000 à 10000 : Foies d’animaux de boucherie (agneau, porc, veau, volaille, génisse)
10 000 à 1000 : Foies de poissons
800 à 700 : Beurre, thon rouge
500 à 200 : Poissons 1/2 gras
400 à 200 : Fromages selon la teneur en lipides du lait
250 à 200 : Œuf
50 : Lait
Sources végétales (provitamine (mg))
Béta-carotène : supérieur ou égal à 2 mg : carottes, épinard, navet, persil, cresson, mangue
0,3 mg < béta-carotène < 1 mg : asperges, chou, chicorée, melon, pois, tomate, mandarine, orange, abricot, pêche, brugnon, œuf, beurre, margarine, ….
0,02 mg < béta-carotène < 0,3 mg : aubergine, céleri, fraise, pamplemousse, poire, pomme, pomme de terre
Et maintenant, allons rendre visite à Madame Tocophérol !





